8 juin 2018 : Le Mouvement Associatif remet le rapport du secteur associatif au Premier ministre

Le Mouvement Associatif a remis à Edouard Philippe, Premier ministre, le rapport du secteur associatif « Pour une politique de vie associative ambitieuse et le développement d’une société de l’engagement ». Cette remise s’est faite ce 8 juin 2018 à Toulouse. Jean-Michel Blanquer, ministre en charge de la vie associative, et Christophe Itier, Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire, accompagnaient le Premier ministre pour cet événement.

Ce rapport est le fruit de plusieurs mois de travaux réunissant pouvoirs publics et associations. Ce travail collectif a été porté par Le Mouvement Associatif, qui a fédéré les associations dans la construction de mesures concrètes en faveur de la vie associative.

Ce rapport est structuré en 3 axes :

  • Faire vivre les potentialités de la loi 1901 ;
  • Bâtir une politique de développement, de soutien et de reconnaissance de la vie associative ;
  • Faciliter la mission d’intérêt général des associations.

Ces 3 axes détaillent et structurent 59 mesures concrètes en faveur de la vie associative et de l’engagement.

Comme l’a rappelé Jean-Michel Blanquer, ministre en charge de la vie associative, « La vie associative est la sève de notre pays et notamment de sa jeunesse« . Le Premier ministre a salué et remercié Le Mouvement associatif pour ce travail collectif accompli. Il a ajouté que « sur la base du rapport remis nous avons beaucoup de dialogue et de travail à venir« .

Ce rapport servira de base de travail au gouvernement pour construire une stratégie en favuer du développement de la vie associative et de l’engagement.

Pour en savoir plus :

Le gouvernement distingue les champions de l’Économie sociale et solidaire

Le label French impact a été accordé pour la première fois mardi 12 juin à 22 acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Le gouvernement a annoncé la mise en place d’un nouvel appel à projet pour distinguer des « territoires French impact » et la mise en place d’un fonds d’amorçage pour les structures du secteur.

Il s’agit du groupe de tête des acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS). Mardi 12 juin, le haut-commissaire à l’ESS Christophe Itier a annoncé la liste des lauréats du label « French Impact ».

Vingt-deux entreprises et associations innovantes au service de l’intérêt général sur les 200 à avoir répondu à l’appel à projet lancé en début d’année, ont été retenues. Parmi les lauréats, VoisinMalin, qui favorise le lien social dans les quartiers populaires, Enercoop, un fournisseur d’électricité verte, ou encore Yes we camp et Plateau urbain, qui travaillent sur la création d’espaces communs temporaires dans les villes.

Toutes bénéficieront d’un accompagnement sur mesure, qui devra leur permettre de se développer et de passer d’un échelon local au niveau national.

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Saïd Hammouche, président fondateur de Mozaïk RH : « La plateforme de recrutement en ligne DiversifiezVosTalents se basera sur le savoir-faire et le savoir être des candidats des quartiers »

A l’occasion, ce mardi 12 juin, de la présentation de sa nouvelle plateforme de recrutement en ligne, DiversifiezVosTalents.com, qui se « basera sur le savoir-faire et le savoir être des candidats des quartiers », Saïd Hammouche, président fondateur du cabinet Mozaïk RH (1), membre du Conseil présidentiel des villes, évoque ses outils et sa vision de la diversité liée à l’origine.

Liaisons Sociales : Quels sont les aspects novateurs de cette plateforme ?

Saïd Hammouche : Il s’agit de proposer une nouvelle approche dans la lutte contre les discriminations, dépasser la pratique un peu trop fondée sur l’étude du CV. Un changement de cap que nous soumettons aux entreprises, aux recruteurs : proposer des profils nouveaux, originaux, issus principalement des quartiers populaires, que nous avons sélectionnés au préalable, via des test de personnalité, puis intégrés dans une base de données. Nous utilisons ensuite un algorithme inédit de matching développé par Data4job, pour faire le lien entre les profils pertinents et les offres d’emploi disponibles sur la plateforme. Les corrélations s’effectuent automatiquement et la mise en relation se fait entre les recruteurs et les candidats. C’est une innovation fruit de 10 ans d’expérience auprès des DRH et des professionnels du recrutement et un outil pensé pour eux.

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Économie sociale et solidaire : le Luxembourg se rapproche du Québec

En visite au Québec, le ministre luxembourgeois du Travail a formalisé une intention commune de développer les relations bilatérales en matière d’économie sociale et solidaire.

Nicolas Schmit et la Vice-Première ministre, ministre de l’Économie, Dominique Anglade, ont signé une déclaration d’intention qui marque le début d’un processus visant à encourager les échanges sur les lois et les politiques publiques de soutien à l’économie sociale et solidaire mises en œuvre par le Québec et le Luxembourg. Avec pour objectif d’optimiser et enrichir la coopération entre les administrations concernées.

Forts d’une préoccupation commune, les ministres affichent ainsi leur volonté « d’établir et de développer une coopération efficace, fondée sur leurs intérêts mutuels ». Estimant que « l’économie sociale et solidaire favorise, de part et d’autre, une croissance durable et inclusive, notamment par la création d’emplois de qualité et la cohésion sociale » et constitue « une réponse adaptée aux besoins des collectivités ».

Dominique Anglade et Nicolas Schmit entendent par ailleurs promouvoir le sujet sur la scène mondiale, en soulignant l’importance de favoriser les bonnes pratiques dans un domaine innovant et en plein essor. Tous deux espèrent voir naître de cette impulsion des initiatives publiques pour soutenir des projets de recherche internationaux.

Un atelier collaboratif pour mobiliser davantage de jeunes au sein du mouvement mutualiste guinéen

Le Réseau Education et Solidarité a animé à Kindia (Guinée) ce dimanche 18 mars 2018 un atelier avec des organisations de jeunesse et des élus mutualistes sur la thématique de l’engagement en mutualité. Cette journée, organisée par ESSENTIEL et l’ONAM (Organisation Nationale d’Appui à la Mutualité) avait pour objectif de discuter des nouvelles formes d’engagement des jeunes guinéens et guinéennes et envisager la protection sociale et la mutualité comme un moyen de mobilisation au sein de la communauté.

A travers des techniques d’animation d’intelligence collective (worldcafé, photolangage, présentations croisées), l’atelier a permis de faire émerger les freins à la mobilisation des jeunes en mutualité, notamment le manque d’informations, la confiance ou l’absence de services et d’accompagnement spécifiquement adaptés aux jeunes. Enfin, les 40 participants se sont mis dans la peau de président.e.s de mutuelles et ont proposé des initiatives concrètes que le mouvement mutualiste pourra mettre en place afin d’attirer davantage de jeunes : co-construire des actions de sensibilisation, permettre à des jeunes de participer à la gouvernance, monter des partenariats avec des organisations de jeunesse, organiser des journées culturelles et sportives ou encore mobiliser des jeunes leaders.

Cette journée s’est déroulée dans le cadre du programme Santé pour Tous financé par l’AFD et porté par l’association ESSENTIEL dont l’objectif est d’améliorer l’accès à la santé des populations par le développement de la Couverture Universelle en Santé.

Qui sommes nous ?
  • Le Réseau Education et Solidarité est une association internationale sans but lucratif
  • Notre Réseau rassemble plus de 30 organisations de la société civile et de l’économie sociale: syndicats, mutuelles, associations, coopératives, institutions internationales, universités…
  • Les membres de notre Réseau coopèrent afin d’améliorer la santé et le bien-être des communautés éducatives, pour une éducation de qualité

Retour sur Conférence internationale du Conseil de l’UE sur l’économie sociale

Les 16 et 17 avril, la présidence Bulgare du Conseil de l’Union Européenne a réuni à Sofia des ministres des pays membres de l’UE ainsi que ️des représentants d’organisations internationales, des partenaires sociaux et des entreprises sociales, pour la conférence « Social economy for economically sustainable and socially inclusive UE ». Il s’agissait de faire un état des avancées et des perspectives pour le développement de l’économie sociale. Retour sur cet événement auquel l’Avise a participé….

Cette conférence a permis de constater de très belles avancées dans les pays d’Europe centrale et de l’Est en faveur de l’économie sociale. La Slovénie et la Slovaquie se sont, par exemple, dotées récemment d’une stratégie, d’un cadre juridique et fiscal ainsi que d’instruments financiers spécifiques pour en favoriser le développement.

Par ailleurs, cinq grands défis ont émergé de ces deux jours de rencontre, précisés en conclusion par Denis Stokkink, président du Think Tank « Pour la Solidarité » :

  • Emploi : l’économie sociale doit favoriser l’emploi de tous notamment des personnes exclues, en situation de handicap ou encore des jeunes ayant moins d’opportunités…
  • Digitalisation : les acteurs de l’économie sociale peuvent favoriser l’inclusion numérique. En s’appuyant sur le numérique, ils peuvent également chercher à mieux répondre à des problématiques sociales. Enfin, l’économie sociale peut contribuer à développer une économie « véritablement » collaborative, proposant une meilleure redistribution de la valeur.
  • Unité : la mise en place d’alliances, notamment sur les territoires, est un véritable enjeu.
  • Articulation des différents échelons : Il sera important de créer plus de liens entre les différents niveaux (européen, national, local), tout en gardant à l’esprit que l’économie sociale part des territoires.
  • Mesure des impacts : l’économie sociale a un fort enjeu de démontrer l’apport de cette forme d’économie. L’impact seul ne permet pas de démontrer cet apport. « Les acteurs de l’économie sociale, toujours selon Denis Stokkink, s’ils veulent se différencier d’autres formes d’économie, doivent s’appuyer sur des valeurs fondamentales : l’égalité, la liberté, la justice sociale et la solidarité ».

Les partenariats public-privé non lucratifs menacés ?

Parmi les organismes de recherche qui s’intéressent à l’économie non capitaliste, le CIRIEC a une triple spécificité :

– Il est le seul à étudier les deux formes d’économie qui servent l’intérêt collectif : l’économie publique (incluant les services publics) et l’économie sociale et solidaire.

– Lieu de rencontre entre chercheurs et praticiens, ses travaux ne sont pas de simples exercices de l’esprit : ils trouvent naturellement leur utilité dans la vie concrète des entreprises et des organisations.

– Ses recherches, conduites dans le cadre de ses sections nationales, se situent à l’échelle des problèmes d’aujourd’hui : elles sont internationales.

C’est donc tout naturellement qu’au delà de sa vocation première de recherche et d’information sur l’économie publique, d’une part, et sur l’économie sociale et solidaire, d’autre part, il accorde une attention particulière aux coopérations que réalisent entre elles ces deux formes d’économie, c’est à dire aux partenariats public-privé non lucratifs, en s’efforçant de les identifier, de les décrire, d’en relever les aspects positifs, les potentialités, mais aussi les insuffisances, voire les travers.

L’économie circulaire, c’est quoi ?

Alors que le gouvernement a présenté lundi sa feuille de route pour développer l’économie circulaire, l’émission Circuits courts s’intéresse mardi aux différentes initiatives privées ou publiques destinées à réduire les déchets.

CIRCUITS COURTSLe gouvernement veut développer « l’économie circulaire ». Lundi, le Premier ministre Édouard Philippe et la secrétaire d’État à l’Écologie Brune Poirson ont dévoilé la feuille de route de l’exécutif en matière d’anti-gaspillage, lors d’une visite à l’usine Seb. « Tout d’abord, nous voulons nous assurer que notre réglementation en matière de conformité des produits est bien appliquée », avec notamment la création d’un portail destiné aux consommateurs qui souhaiteraient déposer plainte. Dans les projets du gouvernement, on retrouve également l’obligation de mentionner à partir de 2020 si un meuble, un produit électrique ou électronique est réparable ou pas.

Abandonner la logique linéaire. « La France affiche un taux de valorisation des déchets municipaux de l’ordre de 40%, plus bas que beaucoup de nos voisins européens », a précisé le Premier ministre, citant par ailleurs Pierre Rabhi ou l’écrivain Paul Morand pour louer le recyclage et la réparation, deux notions fondamentales de l’économie circulaire. Celle-ci a pour objectif de limiter la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. Autrement dit, on passe d’un modèle linéaire (fabriquer, consommer, jeter), à un fonctionnement qui permet à des produits d’être réutilisés. En France, la notion a émergé au moment du Grenelle de l’environnement, en 2007. Mais c’est véritablement en 2015, lors de la loi de transition écologique d’août 2015, qu’elle a véritablement commencé à irriguer le débat public sur l’écologie, avec plusieurs objectifs fixés pour réduire les déchets.

La France « n’a pas à rougir » de sa situation. Même si le concept est encore jeune sous nos latitudes, la France toutefois « n’a pas à rougir » de sa situation actuelle, selon Alain Geldron, expert en matières premières de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Elle est « très dynamique, assez novatrice, par exemple la pénalisation de l’obsolescence programmée est regardée avec beaucoup d’intérêt dans de nombreux pays », explique-t-il.

Le monde de l’ESS circonspect face à la loi « Pacte »

La loi Pacte doit venir réformer les entreprises. L’économie sociale et solidaire, qui s’est sentie exclue de la concertation, ne veut pas être totalement oublié.

Le projet de loi « Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » devrait être présenté par le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, le 2 mai prochain. Deux grands objectifs sont fixés : faciliter la croissance des entreprises et rapprocher les Français de leurs employeurs. Les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) se demandent quelles seront les conséquences de ces changements sur leur secteur.

Bien que l’ESS représente 14% de l’emploi privé, soit un total de 2,4 millions de salariés, les responsables de la filière jugent qu’ils ont été laissés de côté par le ministère dans la préparation du projet de loi.

« Le monde associatif n’a pas été associé à la concertation autour de la loi Pacte alors qu’il représente entre 70 et 75% de l’ESS », regrette Jérôme Voiturier, directeur général de l’Uniopss. Le projet, selon lui, « résume l’ESS à une vision purement économique alors que ce n’est pas que cela : c’est une vision de la société, une vision politique sur le débat public. »

Coup dur pour l’économie solidaire

La disparition du mécanisme « ISF PME » complique les levées de fonds pour certains acteurs de l’économie sociale et solidaire.

La suppression de l’ISF-PME ne va pas seulement changer la donne pour le financement des jeunes entreprises. Elle pose aussi une très grande difficulté à des entreprises de l’économie solidaire menant des activités gourmandes en capital, notamment dans le domaine de l’immobilier social. Pour des organismes comme Habitat et Humanisme ou Solidarités nouvelles pour le logement, le dispositif ISF-PME était un levier permettant de solliciter des contribuables aisés désireux de joindre l’utile (un fort impact social) à l’agréable (une forte réduction d’impôt). En échange, l’investisseur acceptait de bloquer ses fonds sur une période longue, au minimum cinq ans, et surtout de ne recevoir aucun dividende.

Avec l’IFI, la « carotte » fiscale a disparu. Les conséquences ne se sont pas fait attendre et la chute a été brutale. Pour Lydie Crépet, responsable du pôle Finance solidaire au sein de la fédération Habitat et humanisme, les comptes sont vite faits : « L’année dernière à la même époque, l’augmentation de capital de notre foncière avait recueilli 6,5 millions d’euros auprès des particuliers. Cette année, moins de 2 millions. » Une dégringolade qui met en péril le financement d’une centaine de logements sur ce seul premier semestre.

La disparition de l’ISF oblige Habitat et humanisme et les autres entreprises solidaires à repenser totalement leurs circuits de financement. Les investisseurs institutionnels, d’abord, pourraient y contribuer, notamment à travers les fonds de l’épargne salariale. Les particuliers, aussi, peuvent toujours participer en profitant d’une réduction d’impôt sur le revenu (dispositif Madelin), un peu élargie cette année.

Mathieu Castagnet