Lancement de l’Appel à projets Trophées de l’ESS 2018

Pour soutenir l’émergence et la structuration de l’économie sociale et solidaire (ESS) à Paris, la Mairie de Paris organise l’appel à projets « les trophées de l’économie sociale et solidaire ». Candidatez jusqu’au 30 mars 2018.

Pour qui ?

Cet appel à projets est destiné aux porteurs d’un projet d’économie sociale et solidaire dans tous les secteurs d’activité. Cependant les pré-projets ne peuvent concourir, c’est-à-dire ceux visant une étude de diagnostic ou encore un accompagnement.

Tous les types de structure relevant de la définition de l’ESS au sens de la loi du 31 juillet 2014 sont éligibles, quelle que soit leur forme juridique.

L’édition 2017 a ainsi distingué :

  • trois associations,
  • deux coopératives existantes ou en devenir,
  • six sociétés commerciales ayant vocation à remplir les critères ESUS.

Quels critères de sélection ?

Les critères de sélection des projets sont :

  • Organisme relevant de la définition de l’ESS (articles 1 et 2 de la loi du 31 juillet 2014) ;
  • Service nouveau rendu aux Parisiennes et aux Parisiens, ou jusque-là insuffisamment présent sur le territoire ;
  • Équilibre économique global du projet et professionnalisme/ qualification des gestionnaires ;
  • Opportunités d’emploi pour les Parisiennes et les Parisiens les plus éloignés de l’emploi, offertes par le projet.

Pour quel soutien ?

Les candidats sélectionnés peuvent bénéficier de différentes formes de soutien :

  • Une subvention d’aide au démarrage ou au développement, de 25 000 euros par projet au maximum (il s’agit d’une aide au fonctionnement, les projets visant l’investissement ne peuvent pas être financés dans ce cadre ; toutefois, l’aide au fonctionnement peut être assortie d’une aide à l’investissement étudiée séparément le cas échéant) ;
  • Un soutien à la recherche de locaux et l’accès facilité à des locaux professionnels ;
  • L’appui à la recherche de partenariat (dont une mise en relation directe avec des organismes intervenant dans le financement de l’ESS) ;
  • Une aide à la maîtrise de la procédure d’appel d’offres pour mieux répondre aux marchés lancés par la collectivité parisienne ;
  • Une visibilité dans les supports de communication gérés par la collectivité parisienne.

Les candidats pourront préciser leurs attentes prioritaires en matière de soutien dans la fiche de candidature sous la rubrique « aide attendue de la Ville pour la réalisation du projet ».

Quelle procédure de sélection ?

Après instruction des candidatures, un jury se réunira en juin pour sélectionner les lauréats 2018. Le Conseil de Paris sera saisi pour approbation des subventions afférentes, versées au titre de l’exercice budgétaire 2018.

Comment postuler ?

Les dossiers doivent être remis sous forme dématérialisée uniquement via SIMPA.

Si votre organisme n’est pas référencé dans SIMPA, vous devez sans attendre créer votre compte dans SIMPA.

Dès votre référencement finalisé, vous pourrez déposer votre dossier de candidature sur SIMPA en précisant dans la rubrique appel à projets n°: ESS2018.Fiche Candidat AAP trophées ESS 201820171219_Réglement Trophées 2018

Une chaîne de restauration rapide coréenne transformée en coopérative.

Imaginez que le siège social de McDonald’s ou de Tim Hortons se transforme en coopérative de travailleurs. Ça peut paraître surprenant. C’est pourtant arrivé chez Happy Bridge, une société coréenne de restauration rapide.

« Une entreprise capitaliste qui s’est transformée en coopérative, c’est très inhabituel. »

Laurence Kwark, Forum mondial de l’économie sociale

Rapport France Active: Enjeux sociaux et économiques des structures de l’insertion par l’activité économique

Accompagner les personnes qui en sont éloignées vers un emploi pérenne et digne est un sujet de société, malheureusement encore et toujours d’actualité. De nombreux acteurs de l’Economie sociale et solidaire oeuvrent chaque jour et inventent des solutions pour répondre aux besoins de ces personnes, en particulier les structures de l’insertion par l’activité économique (IAE).

Le centre de ressources DLA Financement, coordonné par France Active, propose une nouvelle étude sectorielle qui a pour objet d’étudier les enjeux sociaux et économiques de ces structures. L’objectif est de donner à voir le travail remarquable de ces acteurs, de permettre de comprendre leur environnement et d’analyser leurs problématiques actuelles.

Elle a été réalisée en partenariat avec le centre de ressources DLA IAE, spécialiste de ces questions, qui est coordonné par l’Avise. Elle est destinée à tous les salariés des DLA et plus largement aux acteurs de l’accompagnement et du conseil des entreprises de l’ESS ainsi qu’aux dirigeants, salariés et bénévoles des structures de l’IAE.

« Le gouvernement peut promouvoir l’ESS comme premier de cordée de l’intérêt général »

Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, revient sur la mission Entreprise et intérêt général au moment où leurs rapporteurs, Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard achèvent leurs entretiens. Il identifie les points positifs et de vigilance de l’initiative gouvernementale.

Les acteurs de l’ESS se sont-ils suffisamment fait entendre dans le débat « entreprise et intérêt général  » ?

En ce qui me concerne j’ai été reçu; je sais que d’autres dirigeants de l’ESS l’ont été. Les acteurs ont peut-être une approche prudente, qui consiste à s’exprimer d’abord auprès des personnes chargées de cette Mission plutôt que de s’exprimer publiquement ou dans les médias.

L’ESS semble sur la défensive dans ce débat et peine à sortir de cette ambivalence où l’on souhaite voir les principes de l’ESS infuser l’économie, tout en s’inquiétant de l’effet de dilution…

J’ai toujours pensé que le fait que des structures de l’ESS montent des opérations avec des entreprises qui n’en font pas partie était tout à fait respectable si elles le font clairement en assumant leurs différences et sans se banaliser. La loi de 2014 permet de jouer l’ouverture car elle définit un périmètre clair de ce qu’est l’entreprise sociale et solidaire. Mais, nous ne sommes pas assez à l’offensive sur un certain nombre de débats comme l’entreprise libérée, tout comme nous ne l’avions pas été sur la RSE… Nous devrions en être les pionniers. Je prône l’offensive intellectuelle, stratégique, managériale ! Par exemple en travaillant sur la démocratie d’entreprise. Nous passons notre temps à dire que nous avons des gouvernances démocratiques. Très bien ! Mais je crains que nous ne soyons pas toujours à la hauteur de la promesse…

Quelles seraient les chantiers pour rester des « pionniers » ?

En premier lieu, passer d’une simple démocratie d’élection à une démocratie de délibération. Le rôle des assemblées générales, le débat sur les résolutions doit évoluer.

Deuxièmement : les parties prenantes de la gouvernance. Il faut dépasser le mono sociétariat pour aller vers une gouvernance de multi sociétariat. L’avenir des entreprises est à une gouvernance qui intègre l’ensemble des parties prenantes : les détenteurs des parts sociales, les salariés, les clients, les ONG, la communauté locale, en fonction des sujets… C’est ça l’intérêt général ! Le capitalisme nous roule dans la farine quand il nous parle des stakeholders pour nous dire qu’elles sont importantes. Car, quand il faut décider, c’est au capital (shareholders) qu’on s’en remet et à celui qui en détient la fraction la plus importante…

Troisième chantier : L’ESS doit être à la pointe de l’ancrage territorial de l’entreprise afin d’approfondir notre différence, avec les grands groupes mais même avec les PME familiales qui, lorsque le fondateur s’en va, sont souvent désossées après avoir été vendues à un groupe.

Que peut apporter l’ESS au débat ? N’est-ce pas justement son expérience éprouvée de deux principes à la base d’une organisation d’intérêt général, que sont la gestion désintéressée et la gouvernance démocratique ?

Bien sûr ! Une gestion désintéressée et une gouvernance associant les différentes parties prenantes donnent beaucoup plus d’assurance pour être une entreprise d’intérêt général, qu’une entreprise reposant exclusivement sur la décision de l’actionnaire. C’est là où j’attends l’ESS, c’est là qu’est notre modernité ! Aujourd’hui, elle n’est pas assez revendiquée par les acteurs et peu perçue et considérée par les pouvoirs publics. Que ce soit à Bruxelles ou à Paris, on en reste souvent à une vision classique de l’entreprise faite pour créer de la valeur pour l’actionnaire.

Ce débat est-il un signe positif pour autant ?

Oui. On ne peut pas être contre le fait qu’un gouvernement cherche à encourager les entreprises à être plus vertueuses. Changer le code civil peut-être positif, sécuriser les mouvements de capitaux et éviter les OPA hostiles également. Par contre il faut être vigilant sur plusieurs points et éviter de multiplier les statuts. Il existe déjà 7 types de statuts de fondations !

L’évolution du Code civil pourrait-elle avoir un effet de dilution de l’ESS dans le grand tout de l’entreprise ?

Je ne le pense pas pour le code civil et j’y suis favorable. Mais le Medef le voudra-t-il ? Pour ce qui est de la société à objet social étendu (SOSE), c’est différent. Si la création d’un nouveau statut a pour effet de diluer les financements de l’épargne salariale solidaire, ou les avantages fiscaux car ils seraient accessibles aux SOSE, alors là, il y a un risque de fragilisation de ce qu’est l’ESS. Le gouvernement devrait défendre le fait qu’il y a, à l’intérieur du champ des entreprises, une catégorie qui intègre d’avantage l’utilité sociale : L »ESS qui est une sorte d’aile avancée au cœur de l’intérêt général. Si à la fin des fins on a une ESS diluée et des jeunes qui veulent y aller en pensant que Vinci ou Enercoop, une Scic ou une Sose c’est pareil… je dis non. Camus a dit « Mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur du monde », Je reste favorable à ce qu’il reste un secteur ESS identifié comme tel, qui obéisse à certaines règles écrites dans la loi. Et cette loi, c’est celle du 31 juillet 2014.

Le rapport doit être remis début mars. Le projet de loi PACTE doit sortir en avril et le débat se déplacera alors au niveau parlementaire. Comment l’ESS peut continuer de se faire entendre ?

J’ai une première proposition concrète : que le Conseil supérieur de l’ESS (CSESS) se saisisse, soit du rapport Notat/Sénard, soit du projet de loi en tant que tel. Je le demande à notre Haut-Commissaire, Christophe Itier :  » faites en sorte que le CSESS, présidé par Nicolas Hulot, et que vous animez, soit saisi de cet important sujet « . Nous sommes des entreprises et devons être considérés comme telles.

Je rappelle qu’on a promu lors du précédent quinquennat un CICE sans se rendre compte qu’il y avait une partie des employeurs ESS qui étaient hors CICE : les employeurs associatifs. Faut-il qu’à chaque fois qu’apparaît un sujet  » entreprise  » dans le débat public, les 230 000 établissements et 2,3 millions de salariés de l’ESS passent sous le radar ? C’est n’est pas rien pourtant !

Un métier qui a du sens, mais lequel ?

La Génération Y met une pression particulièrement forte sur le fait de réussir sa carrière. Mais une vie professionnelle accomplie ne passe plus seulement par une position hiérarchique honorable. Les jeunes y cherchent plus que cela : ils veulent que leur métier ait du sens.

 

 

Pascal Glemain : « Le fossé entre ESS et université n’existe plus »

« Nous nous sommes battus auprès du conseil universitaire pour obtenir la reconnaissance de l’ESS comme un champ à part entière. »

Un manifeste puis un colloque à Rennes du 16 au 18 mai prochain. Le RIUESS (réseau interuniversitaire de l’économie sociale et solidaire) a décidé de passer la vitesse supérieure en ce début 2018 pour affirmer son appartenance à l’Économie sociale et solidaire (ESS) ainsi que ses apports scientifiques à une meilleure compréhension du secteur. Pascal Glemain, enseignant chercheur membre de son conseil d’administration et de gestion, explique le développement du RIUESS.

 

Uber, le capitalisme dévoyé – The Conversation

Par  Professeur de stratégie, ESCP Europe

Une entreprise privée peut-elle durablement exister alors qu’elle accumule des pertes abyssales ? Dans une économie de marché, les sociétés les plus rentables sont supposées prospérer, alors que celles qui se révèlent incapables de créer des richesses sont censées disparaître. Il existe pourtant une stupéfiante exception à cette logique : Uber.

Des investisseurs face à de prodigieux déficits

Avec une valorisation de près de 50 milliards de dollars, la plateforme californienne de location de voitures avec chauffeur est la plus grosse des licornes, ces fameuses startup non cotées en Bourse mais valorisées à plus d’un milliard. Aux États-Unis, sa part de marché est d’environ 70 %, alors qu’elle s’enorgueillit d’être présente dans plus de 630 villes dans le monde, avec plus d’un million et demi de chauffeurs et un cumul de plus de 1,5 milliard de courses.

Pourtant, Uber vient de publier ses résultats 2017, et comme ceux des années précédentes, ils sont absolument catastrophiques. Uber a subi une perte de 4,5 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 7,5 milliards. Sur les quatre dernières années, ses pertes cumulées avoisinent désormais les 10 milliards. Pourtant, cela n’a pas empêché le Japonais Softbank d’y investir en décembre dernier un peu plus de 10 nouveaux milliards, qui s’ajoutent aux 12 milliards déjà levés depuis la création de l’entreprise en 2009.

Parmi ses autres investisseurs, on compte notamment les banques Goldman Sachs et Morgan Stanley, le courtier Fidelity, ainsi que le fonds souverain saoudien. Comment des capitalistes a priori aussi avisés peuvent-ils renouveler leur soutien à une entreprise aussi prodigieusement déficitaire ?

Pour lire la suite de l’article cliquez sur le titre de l’article!

South Korea plans $276 million social impact fund

Several private initiatives from SK Group and Impact Finance Korea have launched in South Korea in the past year to kickstart more proactive social investing.

Now the government plans to launch a 300 billion won ($275.9 million) fund aimed at social enterprises and socially-focused cooperatives. South Korea’s Financial Services Commission wants to raise a third of the capital for the five-year fund by the end of 2018.

One of its funding sources will be dormant bank accounts. Japan launched a similar initiative last year.

Entreprise à mission : le modèle mutualiste

Pas d’actionnaires mais des sociétaires, l’intérêt général et l’ancrage territorial au coeur de leur modèle : les banques coopératives et les mutuelles d’assurances partagent un modèle de gouvernance et des valeurs qui les distinguent sans les empêcher de dominer leur marché. Exemple avec le cas de la Maif.